Le design, point de convergence et vecteur d’espérance.
A la fin du XIXème siècle, la presse inventait le concept de « trêve des confiseurs » pour nommer ce temps pendant lequel les innombrables débats stériles et bruyants des politiques s’arrêtaient, afin de laisser prospérer sereinement le petit commerce de sucreries et friandises. Si cette mise en sourdine du bruit politique au moment des fêtes semble perdurer années après années pour permettre aux citoyens de se reposer, les consommateurs et social media addict que nous sommes n’ont à l’inverse droit à aucun répit. Pas de trêve pour les contenus ! Et tant pis s’ils n’ont la plupart du temps aucun intérêt…
On redémarre ainsi l’année avec le même sentiment de trop plein : “Infobésité”, “scroll fatigue”, “content shock”, “fear of missing out”… Le flot incessant de contenus jetables, peu créatifs, dorénavant souvent artificiels et parfois fake, suscite un épuisement et une défiance chroniques. Si certains n’hésitent pas à qualifier le phénomène de « mal du siècle », le goût du beau, de l’utile et du durable pourrait à l’inverse constituer un antidote et permettre d’envisager l’avenir sous un jour meilleur.
Alors, si nous placions 2025 sous le signe du design ?
Le design est un cap vers le meilleur, sachant se concentrer sur l’essentiel et sur l’utile. De l’exposition Crystal Palace à Londres en 1851 à l’éco-design contemporain en passant par le mouvement du Bauhaus et bien d’autres, le design a toujours été une discipline porteuse de progrès. Comme le soulignait Sir Terence Conran, « le travail du designer n’est pas d’imaginer le monde tel qu’il est, mais tel qu’il devrait être ».
Le design est un roc, solide et pérenne. Il vise à résoudre des problématiques profondes et structurelles, valeur-refuge dans un monde de modes passagères. Si le principe de durabilité est un incontournable du « bon » design d’objets, tel que défini dans les années 1970 par Dieter Rams, il est tout aussi crucial et salutaire dans les autres champs de la discipline : conception d’identités, d’interfaces, d’espaces, de parcours, d’expériences… Il offre de la singularité là où se multiplient les contenus indifférenciés. Il propose de l’utilité quand prospère l’ère du vide. Il s’inscrit dans la durée quand le reste des messages sont devenus jetables.
Enfin, le design est peut-être aussi le point de convergence ultime, et ce à deux titres.
D’une part, il rassemble de façon assez unique les métiers de la stratégie et ceux de la création dans un geste fort – une symbiose à laquelle la nouvelle plateforme « Converged » incarnant le plan stratégique du groupe Havas contribue activement, en offrant de nouveaux outils de réflexion et d’idéation à tous ses clients et collaborateurs, dans une perspective d’intégration croissante des données au service d’une créativité toujours plus utile et pertinente. À la croisée de perspectives professionnelles différentes, le design conjugue le meilleur de chaque monde : le rationnel et l’émotionnel, la nouveauté et la durabilité, l’utile et l’esthétique.
D’autre part, le design rapproche les marques de leurs publics. En tant que pratique, il offre d’excellents outils méthodologiques pour décrypter les besoins, attentes et comportements du client et place l’utilisateur au cœur du processus de conception. En tant que philosophie, il met à l’honneur des valeurs précieuses pour les entreprises et leurs publics : l’authenticité, la singularité et la qualité, dans un monde où l’uniformisation et la quantité prévalent souvent. Le luxe, par exemple, semble aujourd’hui montrer la voie dans un retournement progressif : après des décennies de développement mondialisé de ses produits, il se tourne aujourd’hui de plus en plus vers l’artisanat et la rareté. Ce retour à l’essentiel répond à une soif croissante de sens et de vécu que le design sait incarner.
2025 nous tend les bras avec ses défis et ses promesses. Si nous voulons en faire une année de progrès, alors réapprenons à imaginer le monde tel qu’il devrait être.